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  • Listening to: Groundation
  • Reading: Le portrait de Dorian Gray
  • Watching: des plans
  • Eating: Pastas
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librairie en ligne où l'on peut acheter mon livre  Lucifer les beautés du diable

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1987


C'est le début de l'histoire. Septembre, la rentrée des classes au lycée, j'ai 14 ans, je suis en 3ème.
Jusque là, la musique était pour moi quelque chose de sympa, mais sans plus.

Hard

Tout petit, à 7 ans, j'écoutais du hard rock avec les copains du quartier, des blousons noirs qui devaient avoir 12-13 ans. Mon premier disque, était un 45 tours de "ACDC hell's bells". Puis, "Iron Maiden the number of the beast". J'étais tout excité par l'univers qui gravitait autour de la musique. Dés que je pouvais je m'achetais des badges, des patches, même de groupes qui étaient encore inconnus pour moi, comme les Sex Pistols ou les Clashs.

Un jour ma mère en a eu marre et m'a interdit de trainer dans les rues.

Pendant, plusieurs années j'ai perdu de vue, mes potes, et le hard rock.
La seule vraie référence que je pouvais avoir sur la musique du moment était devenu mon frère. Avec ses 8 ans de plus que moi, il écoutait The Cure, David Bowie, des trucs plutôt mélancoliques.

Belgitude.

Depuis tout petit, je suivais mes parents tous les week-ends en discothèque en Belgique, Au Mont Noir, le Café français ou au Manoir, ainsi qu'à la Palma à Menin. Je me souviens dans cette boîte d'un automate en acier, sorte d'orgue de barbarie, à plusieurs timbres, qui jouait lorsqu'il n'y avait pas d'orchestre.
Les valses, paso doble, tangos se suivaient durant une heure, puis il y avait une demie heure de Dance Top 50. C'est là que j'ai commencé à danser. Les adultes étaient différents lorsqu'ils dansaient, je les trouvaient plus sympas et souriants, et à force j'étais devenu une sorte de mascotte. Je suis même devenu un baby barman et baby DJ, car Joel le patron aimait bien que je reste avec lui aux commandes.

Au fil des années, moi et mes copains du Café Français, commencions à trouver que la musique n'était pas assez funky. On se voyaient la semaine à Lille, pour faire les cons dans la rue. Comme quand j'étais plus petits, sauf qu'on écoutaient Kool and the Gang, James Brown, Imagination et bien sur beaucoup de Dance Top 50. On étaient des p'tits clous.

New wave

C'est mon neveu, Manu, qui m'a ouvert les yeux sur Depeche Mode. Dés 86 il était fan, et je le suis vite devenu aussi. C'est à ce moment là , que j'ai recommencé à être un peu moins gentillet dans mes goûts musicaux. La boucherie moderne venait d'ouvrir, et l'on écoutait les Béruriers Noirs, Gogol 1er et la Horde, Front 242...

Et voilà, 1987, ma vraie vie nocturne commence.

En ce début d'année la rentrée au lycée Jean Perrin de Lambersart est bien tranquille. Thibault un pote du collège se retrouve dans ma classe. Son frère Thierry est dans un autre lycée, mais lui il est en terminale. De plus, il a une voiture, ce qui fait une grosse différence, c'était le Grand Sachem.

Le premier samedis à la sortie du lycée, je rencontre Thierry pour la première fois. Il est tout de suite très cordial, et nous propose à son frère et moi d'aller au Sky Line le soir même. Nous n'avons jamais entendu parler de ce lieu, à vrai dire lui non plus. Tout ce qu'il sait c'est que c'est un peu bizarre. On hésite un peu, puis on ce dit, on verra bien.

Le soir on commence par boire de bonnes bières à l'Ecume des jours, pas loin du lycée Baggio. C'est la première fois que je goûte à la Rodenbach, à la Kwak, à la Bourgogne des Flandres, et à la Duvel. Je dois dire que ça commence fort.

Skyline

Le Skyline, quand j'y pense encore maintenant j'ai des frissons. C'était un rêve incroyable pour un enfant de 15 ans. Première vraie boîte, et si je dois en garder qu'une ce serait celle là. J'ai bien sûr un souvenir assez flou de cette première soirée. Mais, je me souviens bien que j'ai été choqué.

La douane de risquons-tout, juste à l'entrée de la Belgique.

Le Sky, c'est un beau manoir en pierre qui date du XIXème siècle, en haut d'une colline, au milieu d'un bois. Il doit bien faire 300m2, ce qui n'est pas énorme pour une boîte, mais pour une maison c'est déjà pas mal. Dés l'entrée, nous sentons l'effervescence.

Fresh

On dénote totalement. Notre look minet type Benetton, fait son office au lycée, mais là on y est pas du tout. La faune a un genre que je ne connais pas. Un peu punk, mais en plus smart. Surprise, le costard cravate est très présent, la jupe longue également, pour les hommes. Filles ou garçons, tous ont de grandes houppettes, bien rigidifiées par le gel.
Le comptoir de l'entrée fait bien 1m80, perché là haut, le caissier nous toise d'un air supérieur.
Il nous a laissé entrer, je me dis encore aujourd'hui qu'on a eu de la chance.
Nous nous retrouvons avec 5 Skyliners dans les mains. Ces billets de un dollar nous permettent de nous enivrer. Deux Pisangs orange, trois Martinis blanc, en général, ça fait son effet.

Manoir

Le grand escalier est le lieu central. Cette double hauteur regroupe les dragueurs et les draguées. C'est un lieu théâtral, nous restons longtemps dans le hall à regarder les couples se former. La drague est le lightmotiv des skyliners. Un bombardier B52 en alu tient fonction de lustre. Il est habillé de petits fils de néon roses et bleus ciel qui courent le long de sa carlingue. Les filles sont avenantes, sexies à mort, prêtes à se faire chasser. Les beaux mâles sont très entreprenant. Ils viennent, sans doute, tous de lire Don Juan ou Casanova. Tous sont, soit très beaux, soit très marginaux. Nous sommes si conventionnels que personne ne nous remarque. Nous regardons beaucoup, nous voyons des couples se former dans l'escalier, et nous les retrouvons plus tard faisant l'amour, ailleurs.

SEX

Dans la grande cheminée de la salle noire. Une magnifique blonde, de noir vêtue, y est prise par derrière, debout sur ses aiguilles. Cela ne change rien au comportement des gens dans la salle. A croire qu'ils en ont vu beaucoup d'autres. Ce qui devait être le petit salon, parquet et bois massif du sol au plafond, est le dance floor principal. Celui où siège Patrice Catteau le résident du Sky.
Un stromboscope projette un flash ultrarapide, qui te permet d'entrée, mais t'empêche de sortir. La piste n'est pas grande, mais les danseurs y sont déchaînés. Un grand chauve, tout de cuir noir, balance sont perfecto au sol, et se met à danser dessus. Des mecs avec des lunettes énormes se roulent des pelles, en se remuant sur le beat.

Et quel beat, Il faut retourner au bar, dans les grands canapés de l'alcôve, un vrai baisodrome. On parle beat avec un ami de Thierry qui y est déjà plus habitué. Les gars, on est à la fin de l'évolution de la musique. Ce que vous entendez là, on ne pourra jamais faire mieux, c'est tellement nouveau. Qu'est ce que tu veux inventer de plus. Nous en sommes tous à peu près convaincus.

HOUSE MUSIC

Je ne connais rien à la musique qu'il passe. Ce mec, Patrice Catteau, travaille à US Imports, magasin de vinyls, où l'on peut trouver du funk, du disco et de la soul introuvables. C'est Gérard qui a ouvert cette boutique rue de la clef à Lille, elle devait déjà être là depuis quelque temps. C'est une sorte de pied à terre à New York. Et justement, de l'autre côté il y a une révolution. On a la chance, les gars, d'entendre la musique la plus underground des Etats Unis, c'est cool. On était devenu des GOBB1. Génération of Boum Boum Numéro 1.

Le seul morceau connu passe quelques temps avant la fermeture, Jacques Dutronc, les cactus. Nous sommes à l'étage, au deuxième bar. Un gros spot blanc est découpé par un lent ventilateur. Dans cette lumière Marc Bulteau prend nos commandes. C'est un grand type plutôt sympa, très calme, c'est le patron. Je suis assez surpris de ne pas le voir totalement déjanté, ce devait être le mec le plus clean de la soirée.

DANCE

La grande piste de danse est là, tout l'étage est en plateau libre. Il y a toujours de grands canapés dans l'alcôve du bar, et toujours des gens qui baisent aux chiottes. La lumière est contrairement au rez, sombre dans le bar, et tamisée sur la piste. Cette maison est merveilleuse, les volutes de ferronnerie, les vitraux subtils, les boiseries sculptées, tous ce décor est d'un luxe ancien, presque irréel. C'est ici que l'on découvre la vraie façon de danser sur la house et le new beat. Les gestes des bras sont lents et fluides, ils sont très hauts, ils semblent prendre contact avec une énergie électrique invisible. Les pieds glissent, et balancent le danseur de droite à gauche. C'est une transe, des heures durant, les skyliners se hissent dans des contrées mystiques, proche du néant.

J'y ai réfléchi toute la semaine, tout cela n'était pas bien, toute cette décadance, ce n'est pas pour moi.

En réalité, les cactus, je suis allé l'écouter toutes les semaines pendant près de deux ans. Et si j'avais pu, j'y serait allé plus souvent. Et, si je pouvais, j'y retournerais encore.
  • Listening to: Groundation
  • Reading: Le portrait de Dorian Gray
  • Watching: des plans
  • Eating: Pastas
  • Drinking: Hommel